Avertissement: Ce site n'est plus maintenu à jour. Vous pouvez continuer à le consulter en archive.

koinai.net

La revue du témoignage urbain

koinai.net

La revue du témoignage urbain

Femme aujourd'hui

Haute fidélité

Lucienne a soixante ans. Elle est séparée de son mari depuis cinq ans. Après cette séparation, sa vie est devenue très difficile. Elle a deux enfants et une petite-fille, qu’elle élève depuis sa naissance. "J’ai donc eu trois enfants", dit-elle avec fierté...


 

Koinai : Que représente la femme pour vous ?
Depuis la nuit des temps, ça a toujours été, dans un sens, l’esclave de l’homme. On donne beaucoup, pour peu de récompense. Il faut travailler, il faut assumer le dedans, le dehors, et votre compagnon, au bout de quelques années, n’est jamais satisfait de la vie que vous lui avez donnée.

K : Qu’est-ce pour vous être une femme ?
Être une femme ? C’est beaucoup de choses. Ça représente la sécurité, la sécurité d’une famille, le sacrifice de beaucoup de choses, que dire d’autre... C’est beaucoup de sacrifices pour une femme. Elle va se sacrifier pour mener à bien son ménage, pour bien éduquer ses enfants, pour consolider, pour faire coïncider les choses en même temps : le travail, la maison, les petits, et tous les problèmes qui viennent se joindre dans une vie de famille. Alors que l’homme, lui, à part son travail, les soucis de son travail, il arrive à la maison, il pose les pieds sous la table et il attend que le repas soit prêt pour remplir son petit ventre.

K : Justement, pensez-vous qu’il y ait des inégalités et quelles sont-elles ?
Mais bien sûr. Déjà, on ne partage pas à cent pour cent les tâches ménagères. Dans le travail, la femme est toujours moins qu’un homme pour des raisons multiples. Dans certains emplois notamment, on peut citer par exemple le harcèlement d’un chef ou d’un directeur, aussi bien sexuellement, ou alors si votre tête ne lui plaît pas, ou moralement, vous êtes sans arrêt bafouée, embêtée, réprimandée par des paroles qui sont désagréables et elles ne le méritent pas...

K : Avez-vous vécu ce genre de situation ?
Non. Personnellement non. J’ai été très heureuse là où j’ai travaillé. J’ai toujours été respectée, j’avais vraiment été heureuse à cent pour cent dans mon travail. C’était pour moi ma deuxième demeure.

K : Les choses ont-elles évolué depuis votre jeunesse ?
Bien sûr, la femme s’est quand même émancipée. Avant, une femme ne conduisait pas, elle travaillait très peu, elle n’avait pas droit à certaines toilettes. Elle était quand même plus contrainte à rester à l’intérieur de la maison. Là, depuis qu’on travaille, une émancipation s’est faite. La femme est beaucoup plus heureuse dans un sens, mais dans l’autre, tout ça implique beaucoup de problèmes pour arriver à concilier l’utile à l’agréable.

K : Que pensez-vous de la femme dans la politique, et quel rôle joue-elle dans la société ?
S’il y en avait un peu plus, il y a bien des choses qui se seraient arrangées, surtout dans le domaine social, car les hommes ne voient pas les mêmes choses que les femmes. Que ce soit d’un parti ou d’un autre, leurs idées sont à peu près toutes les mêmes. Concernant la femme dans la société, je pense qu’elle commence à bien tenir son rôle, à s’imposer. Le sujet est tellement vaste...

K : Quelques mots sur votre vie professionnelle ?
Dans ma vie professionnelle, j’ai travaillé pendant quelques années chez des religieux. La vie était tout à fait différente. Il n’y a pas de harcèlement sexuel, mais le respect de l’être. Ils se penchent si vous avez un problème, pour vous aider. Vous avez vraiment un réconfort qu’on a pas dans le civil. Le respect de l’être humain est beaucoup plus important.

K : Est-ce indispensable pour une femme d’avoir une vie de couple ?
Bien sûr que c’est indispensable. C’est l’équilibre aussi bien pour l’homme que pour la femme. Je ne vois pas ce que je pourrais vous dire de plus.

K : Est-ce important pour vous d’avoir des enfants, et si oui, pourquoi ?
Oui, parce qu’un couple sans enfant finit par s’ennuyer. Et puis Dieu nous a mis sur terre pour créer. L’homme et la femme sont donc faits pour ça.

K : Depuis ces dernières décennies, pensez-vous que le couple a évolué ?
Ah ça oui ! Je pense qu’il a évolué, parce qu’on peut déjà s’apercevoir qu’il y a beaucoup d’hommes qui s’occupent de leurs enfants. Surtout chez les jeunes qui ont entre vingt et trente ans, ils s’occupent beaucoup plus de leurs enfants : ils les accompagnent à l’école, à la crèche... Ils participent à beaucoup plus de choses comparé à ma génération.

K : Un couple peut-il vivre séparément ?
Non. La séparation n’est pas possible, car chacun prend des habitudes de son côté et quand après on se retrouve, c’est plus ça. Donc, on ne peut pas vivre trop longtemps séparés. Tout peut dépendre du contexte, mais tout cela demande réflexion. C’est difficile de répondre à cette question, étant moi-même séparée. La vie est dure pour moi...

K : Que pensez-vous du regard des hommes ?
Là, c’est difficile. Il y a des hommes qui vous regardent avec respect, puis d’autres qui vous regardent comme si vous étiez rien du tout... une chaussette ! Ça dépend de l’état d’esprit de l’homme. On ne peut tous les mettre dans le même panier. Il y a des hommes qui sont très bien et d’autres qui, hélas, sont mauvais.

K : Quel est votre avis sur la séduction ?
Vous savez, il y a des femmes qui font tout pour séduire les hommes, parce qu’elles en ont besoin, c’est dans leur nature. Elles aiment être courtisées. Il y a des femmes qui peuvent se passer de vivre comme ça et d’autres, qui ne peuvent pas. Elles ont besoin de se sentir belles, que les hommes les regardent, que quand elles marchent, lorsque leurs yeux se détournent sur elles...

K : Pensez-vous que la séduction soit primordiale ?
Ça dépend des femmes. Pour certaines, elle le sera, pour d’autres, elle passera au second plan.

K : Avez-vous un avis sur l’infidélité ?
Ça, c’est quelque chose de très vilain. L’infidélité creuse un fossé. Selon l’amour que vous avez pour l’homme avec qui vous vivez, elle peut détruire tout à la fois, détruire en un seul moment. L’infidélité c’est quelque chose d’affreux. Comme tous les vices, aussi bien celui de l’homme qui court après une femme en dehors de la sienne, celui qui boit, celui qui frappe, celui qui fume... Tous ces vices-là, sont catastrophiques pour l’homme comme pour la femme.

K : Avez-vous l’intention de refaire votre vie ?
Ah non ! Pas du tout, alors, alors pas du tout. Je suis bien seule, je suis tranquille, je ne referai pas ma vie. Par expérience, je n’y tiens pas. Comme je vous l’ai dit, je suis méfiante. J’ai vécu avec un homme qui était jeune, on était tous les deux vierges, purs, on était l’un à l’autre. Maintenant, quand vous rencontrez un homme qui a mon âge, vous ne savez pas ce qu’il a fait de sa vie, les questions se posent sur son état de santé, moi je crains tout ça. Je suis très bien seule. Et puis moralement, ce n’est pas dans mon état d’esprit.

K : Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Je ne vois pas, mais ce que je peux vous dire, c’est qu’à trente ans, je voyais les choses d’une façon, alors qu’aujourd’hui je les vois autrement. Dans tous les caps qu’on a passés, ça m’a permis d’évoluer, mais je n’ai jamais été tentée de mon côté de courir après un autre homme. Premièrement, je n’y tenais pas. Un amour, c’est un amour, je ne l’aurais pas partagé. J’ai cette crainte de me dire : "Bon, lui il court avec moi, peut-être qu’il a déjà couru avec une autre". Je ne sais pas. Il y a quelque chose qui m’empêchait de réagir comme ça. C’est peut-être dans ma nature. Quand j’aime, je ne peux pas courir après un autre homme.

Propos recueillis le 30/01/05 par Joseph Ouzana

Réagir à ce temoignage

Creative Commons License La revue du témoignage urbain (http://www.koinai.net), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
La revue Koinai : qui et pourquoi ?   |   Koinai ? Plan du site
Site propulsé par accatone/resurgences
Tourisme Atlas
projet NetLab, politiques publiques, big data et sciences sociales
spacelike, une exploration visuelle du web de l'art contemporain