koinai.net

La revue du témoignage urbain

koinai.net

La revue du témoignage urbain

Paroles de commerçants

La poussière des engins, le bruit des machines, les trottoirs qui se déplacent, les terrasses qui disparaissent, les habitants qui partent, les consommateurs qui se perdent, les loyers qui augmentent… Les travaux euroméditérranée progressent devant les vitrines de la rue de la République. Points de vue.

Erreur d’exécution sites/koinai/squelettes/mini-contenuderubrique.html

"Je ne sais pas si c’est solvable"

 Je ne sais pas si c’est solvable

"Normalement, la rue du Chevalier Roze devait avoir une vocation artistique et culturelle, et c’est vrai qu’il y avait plus d’artisans : une restauratrice de meubles, un luthier, un vendeur d’objets d’art, ma librairie, une couturière juste à côté et un atelier de gravure sur verre. Or, comme l’opération de réhabilitation n’a pas été menée à terme - voyez comme la rue est déserte ! - et que les autres locaux n’ont pas été aménagés, forcément, les artisans sont partis : quatre activités installées là au début ont déjà quitté les lieux et moi-même j’abandonne mon local dans un mois." Caroline Godard, libraire du Pharos.

K : C’est décidé, vous rendez la clef ? Décidé ? Quand je n’arrive plus à faire face aux loyers, c’est eux qui décident pour moi de m’expulser ; je suis en tort, puisque c’est moi qui ne suis plus en mesure de faire face aux charges. K : Vous aviez une librairie avant ? Pas du tout, non, c’est la première fois, c’est une création. Je suis architecte de formation, donc pas grand chose à voir, (…)

Beaucoup de dames viennent

Au n°7

 Beaucoup de dames viennent

Claude Maheut, caviste de son état, propriétaire de son fonds de commerce depuis dix ans, profite du mouvement général de rénovation sur l’artère euroméditérranéenne pour redorer son enseigne et changer de blason : "La cave à Gustave" devient "Le jeune..." - Pardon - "Le Vieux Cep". Enchanté du chantier.

Koinaï : La rénovation de votre devanture vous a-t-elle été imposée ? Non, on ne me l’a pas imposée, c’est volontaire, c’est un projet que j’avais depuis que j’ai acheté le magasin, ça va faire dix ans le premier mai. J’y suis arrivé en 93, je l’ai tenu près de trois ans pour la société à qui il appartenait. J’ai acheté en 96, le fonds est à moi mais je suis locataire des murs. Le (…)

On est des pauvres commerçants

Au n° 26

 On est des pauvres commerçants

« Chez moi, c’est du prêt-à-porter féminin classique, environ trente ans jusqu’à cinquante, soixante ans. J’attends les clients, quand on a un commerce c’est que les clients qui comptent ! On peut avoir de l’or, des diamants, si y a personne qui passe, ça sert à rien. De toutes façons cette rue elle était toujours en déficit au départ. C’est pas une rue commerçante. On gagnait notre vie pour pas se plaindre, sans plus. On pouvait payer. Mais avec ces travaux c’est la folie, quoi ! » Eliahou Assouline, patron d’Angie boutique depuis bientôt dix ans.

Koinai : Vous faites partie de ceux qui restent ? Oui, d’accord, mais de quelle façon, de quelle manière, à quel prix ! J’ai fait des prêts pour rester ici par exemple. Je suis locataire. Le propriétaire c’est Eurazéo. De ce côté-là, franchement, c’était très correct. Je sais pas ce que les gens disent, en tous cas avec moi, c’était très correct. Ça se passait très bien. Ils m’ont augmenté le (…)
À lire aussi dans la rubrique « Paroles de commerçants »
  • Ce qui manque aujourd’hui, c’est des commerces, une vie, quoi !

    Donc, est-ce que ces com­mer­çants vont venir, est-ce qu’y vont pas venir, ça je sais pas. J’espère. Après, c’est le monde qui attire le monde... Les com­mer­ces sui­vant, tout le monde en tirera béné­fice. Après, (…)

  • L’âme populaire du quartier se perd

    Je pense que c’est une excel­lente chose, mal­gré les nui­san­ces que l’on subit depuis quel­ques mois. Il faut consi­dé­rer les cho­ses à long terme et ça ne peut être que béné­fi­que pour le quar­tier, pour (…)

  • C’est la loi du plus fort

    Le sym­bole de la République »Égalité, fra­ter­nité« , c’est qu’un sym­bole. Mais sur le réel des cho­ses, y’a rien ! On élimine le pau­vre et on met le riche. C’est ça la poli­ti­que de la Mairie en ce moment.

  • Les gens rentrent avec les chaussures et tout...

    Moi, je l’ai connu beau, le quar­tier. J’étais gamine. Avant, il n’y avait pas les faça­des blan­ches comme main­te­nant mais c’était animé et convi­vial. Puis, je l’ai vu... autre que décli­ner !

  • Fallait pas partir comme ça !

    Je trouve que les Marseillais, c’est des gens for­mi­da­bles. Ils sont sym­pa­thi­ques, ils ont tout. C’est un cock­tail de toute la France, c’est un bon mélange, un patch­work.

Paroles de commerçants
  • Palace en terrasse

    Ma foi, Gaudin il a dit : « Je vous rat­tra­pe­rai. » À mon avis : « Avec de l’argent, je vous le rat­tra­pe­rai. » Voilà ce qu’il a voulu dire. Et donc on va récu­pé­rer la ter­rasse, on va gagner cinq mètres de plus.

  • S’adapter à la circulation, tout est là

    Marseille, ça veut dire une porte ouverte sur la Côte d’Azur, Monaco, sur les bel­les cho­ses. Alors, qu’est ce qu’ils font ? Ils des­cen­dent sur Marseille avec le TGV et bien sou­vent à par­tir du ven­dredi soir, (…)

  • "Faudra se voir dans quatre ans"

    Je pense que cette rue fait par­ler mais comme elle fait par­ler par ses tra­vaux, par les dif­fi­cultés à y cir­cu­ler... En tout cas aujourd’hui ça c’est clair, on verra à la fin des tra­vaux mais je pense pas que (…)

  • Mais dans un an ou deux ans...

    En 83, on tour­nait à six cents clients par jour. Pendant les tra­vaux, c’est tombé à cent cin­quante et c’est le bout du monde. On passe plus que cin­quante kilos de farine, ça ferait trois cents baguet­tes par (…)

  • Personne ne peut rien

    Si on est encore là... D’après eux, ils disent que ça va être une mer­veille pour cer­tai­nes gens, mais pour d’autres per­son­nes, non. Non, pour moi ça va être trop snob.

  • Pas question de fermer

    C’est ambigu : res­tau­rer la rue, elle en avait vrai­ment besoin, c’est évident et ça peut appor­ter du bien-être et du tra­vail à du monde. Maintenant il faut voir com­ment cela est fait et qui on chasse également.

  • Ils sont arrivés à leurs fins

    Ce sont des métho­des de voyous, c’est un grand bull­do­zer qui détruit tout sur son pas­sage. Ils ne tien­nent pas compte de l’ancien­neté, ils ne regar­dent pas sur le prix et sont prêts à payer des som­mes (…)

  • Bientôt l’afflux de clients

    Un afflux, un afflux mas­sif de pas­sage et de mou­ve­ment, donc un afflux mas­sif de nou­veaux clients et de nou­veaux pros­pects.

  • Ils nous ont tout pris

    Moi, ce qu’ils disent... Je crois plus per­sonne. Je suis comme Saint-Thomas main­te­nant, quand je vois, ça va, autre­ment... En atten­dant c’est la galère, vous com­pre­nez.

Creative Commons License La revue du témoignage urbain (http://www.koinai.net), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
La revue Koinai : qui et pourquoi ?   |   Koinai ?   |   Mentions légales   |   Appel à contribution Plan du site
Site propulsé par l'Atelier du code et du data, chantier d'insertion numérique