Si Marseille, d’origine grecque et latine à la fois, semble vouée au machisme méditerranéen, pour autant, n’allez pas croire : la Marseillaise sait s’affirmer !
C’est par une femme libre et indépendante, déjà, que tout a commencé voilà
2600 ans : Gyptis choisit elle-même son époux, le marin grec Protis, en lui
tendant la coupe nuptiale. La jeune Ligure signait par ce geste symbolique la fondation de la cité Massalia.
C’est encore sous la protection d’une femme, la “Bonne Mère”, que se sont placés les Marseillais. Et cette sensibilité féminine de l’antique cité, se révèle de Sainte-Anne à la Joliette, de la Belle-de-Mai au boulevard des Dames ou à la Place de Lorette...
De la bourge à la cagole, la Marseillaise n’est pas de celles que l’on commande. C’est sans doute un peu pour ce caractère qu’elle a prêté son nom à la plus célèbre des chansons révolutionnaires.
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Je m’appelle Houda. J’ai 25 ans. J’ai mon premier bébé. Il a un an. Il s’appelle Rayan. Dans notre religion on parle plus de mères : "Le paradis est sous leurs pieds". Parce que déjà jeune fille on a les règles douloureuses. Elle souffre… En plus les maladies… Elle est là, elle doit obéir. Elle a des rôles, elle donne le sein. Vous voyez, moi, j’ai un rôle auprès de mon bébé : je vais former un homme ou une femme qui va faire quelque chose pour le pays.
En devenir, épanouie, mère avant tout, pressée par la société...
Comment, de nos jours, les femmes arrivent-elles à assumer ces différentes dimensions (personnelle, familiale, sociale, professionnelle...) qui les concernent ? Pour le savoir, nous avons posé la question à quatre d’entre elles, qui n’hésitent pas à nous livrer plus qu’un message, un souhait unique, celui de la destinée de la femme, celui de devenir mère...Nous avons demandé à Sonia 23 ans, Moufida 31 ans, Nahalee 28 ans et Sohad 40 ans, ce que signifie être une femme aujourd’hui. Extraits choisis.
Ex-conseillère conjugale, Marie-Jo est aujourd’hui diplômée en psychologie. Elle cumule un poste au service d’écoute téléphonique auprès de Drogues Info Service, où elle renseigne autant les personnes toxicomanes et leur entourage que des individus en quête d’informations. Marie-Jo travaille aussi au sein d’une "maison ouverte" créée par F. Dolto, un lieu d’accueil parents-enfants. Par ailleurs, elle exerce dans son propre cabinet. D’emplois en formations, elle est parvenue, grâce à son dynamisme, à trouver sa voie.
J’ai infiniment de tendresse pour toutes ces bonnes femmes parce que nous avons en commun les mêmes luttes, les mêmes joies, les mêmes maladies, les mêmes problèmes.
C’était un milieu très chaleureux, aussi bien du côté famille paternelle que maternelle, c’est toujours un bonheur d’aller chez les uns ou chez les autres, c’est beaucoup de chance.
Ma mère, elle était très mère, très épouse et peut-être pas assez dans le conflit et donc… Moi je suis mère, mais c’est pas mon rôle à cent pour cent.
Quel genre de femme ? Je suis une battante, hè. Oh ! j’adore travailler. Malheureusement, à la suite d’une agression donc, je suis sur le fauteuil roulant, mais si jamais j’ai de l’argent - parce que j’attends (…)
Vous savez, les jeunes femmes, mes filles, moi, je leur dirais de garder leur féminité. Et de bien préserver leur place de femme. Il faut rester femme, dans ses besoins, dans ses atouts ; il faut rester (…)
Je dis pas : « Il faut pas se séparer du père de ses enfants. » C’est pas ça. Mais c’est quelque chose qu’il faut réfléchir, c’est quelque chose de très important, c’est une très grande décision.
Les hommes y faut les prendre par douceur, si vous voulez réussir avec eux. C’est par la douceur qu’il faut garder un homme. Si vous levez la voix avec eux vous réussirez jamais. On sait que c’est toujours (…)
Mauvaise épouse, bon professeur
« Maman, elle n’est pas comme les autres. Maman, c’est pas la première levée pour nous préparer le petit déjeuner, maman c’est celle qui veut toujours nous faire prendre nos chandails et nos parapluies, et (…)
Vision d’art… monie
J’prends toujours le modèle de l’ancien Japon où justement il y avait une harmonie, un équilibre dans les matières, les couleurs qui influent sur notre état d’esprit…
Les six mois de stage à Manchester c'était… Non, c'était super, super dur, parce que là, en plus d'être seule, c'est la communication qui est super dure.
Des barrières sont tombées. Les relations entre hommes et femmes ont beaucoup évolué au niveau sexuel grâce à la contraception. D'autant plus que j'étais dans un milieu mandarinal.
Si je pouvais retourner en arrière, je travaillerais bien à l’école, j’éviterais de perdre du temps, je m’associerais avec des personnes enrichissantes et pas qui profitent de moi et j’aurais plus (…)
Une femme qui m’a marquée ? Ma grand-mère : je l’admirais beaucoup en tant que femme. Parce que elle a eu une vie difficile et qu’elle s’est toujours battue, et qu’elle était quand même toujours nickel, (…)
Ma première grossesse, j’étais littéralement folle de joie d’être enceinte. Je pensais déjà - parce que j’ai été enceinte à trente-quatre ans - que je n’aurais pas d’enfant parce que je ne trouverais pas (…)
Ils me regardent comme une pute, mais je ne suis pas une pute moi, et ils me voient comme si je suis un bébé, et j’ai eu un bébé alors on me regarde à travers.
Ah ! Ma mère c’est une femme qu’elle a l’esprit ouvert, elle a l’esprit large. Elle était en Algérie, elle est venue ici en France en 64. Bon, nous on est restés là-bas. Après elle a dit à mon père : « Il faut les (…)
Oui, on sentait que petit à petit, la femme prenait un peu plus d’extension, un peu plus de pouvoir, même sur l’homme. Au siècle précédent, c’est pas que la femme n’était pas libre, mais enfin c’était pas tout (…)
Je ne céderai jamais
La beauté c’est pas tout c’qui est trafiqué - c’est pas le maquillage qui rend beau - la beauté c’est… moi j’dirais : « naturelle, être naturelle. » Des fois j’vois des femmes, j’dis : « Bon, celle-là elle est (…)
Priorité : les enfants
Le respect, le respect des personnes âgées, le respect de l’adulte, des autres, voilà. Le respect des autres ; l’entraide aussi, être à l’écoute des autres. Parce que ça c’est important.
… Qu’chuis belle
Même avant que j’sois maman, j’me laissais pas tomber mais j’me dis que maintenant qu’chuis maman, il faut qu’je montre encore plus que je suis une femme, parce que comme je fais jeune, il faut que je montre (…)
Elles sont très attachées à ce lieu où, quand elles sont arrivées, elles étaient toutes griffes dehors. En fait, elles ont pris confiance dans ce lieu, et pour elles c’était une période très importante de leur vie.
J’ai envie de produire des légumes, des fleurs ; c’est un peu individuel, mon délire, hein ! Voilà, pour l’instant je pense à ça.
en chantée
J’aime les femmes, c’est ma folie. En elles, tout est merveilleux et je voudrais donner ma vie pour un regard de leurs beaux yeux...
On a envie, ou pas, d’être. On vit avec, ou on refuse. Quand on a accepté, on peut faire beaucoup de choses. Toute ma vie, j’ai essayé de faire des choix qui correspondaient à mes envies du moment et à mes (…)
Je suis certaine d’une chose, c’est que je serai très grosse. Ma mère l’était et je sais que je suivrai. J’aimerais me marier avec un homme qui prendra soin de moi et qui me rendra heureuse, avoir une vie (…)
Difficile de parler du regard de l’homme. Il est ce qu’il a toujours été : porté sur l’apparence. Si c’est une jolie femme, il va la regarder, observer son physique et peut-être s’intéresser à sa (…)
Partager une vie commune, c’est ça la vie. C’est pas évident, faut y aller doucement. L’âge n’a aucune importance pour trouver l’âme sœur, il faut se préserver, se protéger, apprendre à connaître l’autre (…)
Je montre toujours le contraire de ce que je ressens. Je me montre indifférente, je les repousse, je ne sais pas pourquoi, c’est plus fort que moi !
Une bonne épouse doit privilégier le relationnel et être présente dans les moments difficiles et les moins bons. Si, en plus, elle a la chance d’avoir un bon mari, il faut qu’elle ait confiance en lui, de (…)
Ici, la vie est bien et on dort tranquille, sans peur. Ici c’est mieux. La peur des terroristes qui égorgent : ils tuent les vieillards, les enfants et les femmes. Ici la vie est tranquille.
La vie était tout à fait différente. Il n’y a pas de harcèlement sexuel, mais le respect de l’être. Ils se penchent si vous avez un problème, pour vous aider. Vous avez vraiment un réconfort qu’on a pas dans (…)
Une vie de femme : Ça fait vingt ans que je suis ici en France. J’aime bien ma personnalité, je suis une femme capable dehors et dedans. C’est un peu dur, mais il faut le faire, il faut y aller. J’aime bien ma (…)
Une vie de couple, c’est pas quelque chose de linéaire ni quelque chose de continu. Puis franchement, je ne le souhaiterais pas, ça voudrait dire que les choses sont falsifiées quelque part, après, tu ne (…)
Ah ! Eh bien, oui (rires) ! Je pense complètement qu’une femme a besoin d’un homme et qu’un homme a besoin d’une femme. Je pense aussi qu’on n’est pas fait pour vivre seul non plus. Je crois que l’homme a des tas (…)
Moi, je me suis toujours sentie femme dans mon corps et homme dans ma tête ! Cela veut dire qu’on m’a donné un corps de femme et je l’assume. Mais dans ma tête, je pense avoir la force mentale et physique d’un (…)
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