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Du mal à voir, voire à croire

Le gardien du parking Carnot a fait son entrée au moment où l’accès principal devenait inaccessible aux voitures. Les travaux d’aménagement sur l’axe Euroméditerranée ont ainsi, entre autres effets, contribué à détourner l’attention des usagers. Difficile, après deux ans, de ramener le chauffeur désaxé à l’écurie. Faute de visibilité.


Du mal à voir, voire à croire...
 Du mal à voir, voire à croire...

Koinaï : Depuis quand ce parking est-il ouvert ?
- Alors, ça a été repris par un nouveau propriétaire depuis deux ans, d’après les informations que j’ai. C’est mon patron, il s’appelle monsieur Edi, c’est tout ce que je sais, son nom, je le connais pas, voilà.

K : Combien y a-t-il de places ?
- Dans le parking ? Y’en a, grosso modo, une bonne centaine.

K : Quel est l’impact des travaux ?
- Au point de vue financier, le parking a énormément souffert : ils faisaient les travaux de ce côté et l’entrée se passait de l’autre. Ça, c’était avant que j’arrive. Ils m’ont expliqué cela quand je suis venu. Maintenant, l’accès est plus facile étant donné qu’ils ont réouvert de l’autre côté. Ils ont commencé à refaire des travaux de l’autre côté de la rue, donc là, ce passage, il y a désormais accès, et les gens viennent de plus en plus. Mais faute d’ entretien de la rue de la République depuis des années, par exemple comme les façades et tout ça, on a du mal à voir, voire à croire qu’il y a un parking ici. C’est ce qu’ils nous disent souvent, les clients. Mais on est en train de travailler dessus.

K : Pourquoi le parking n’a-t-il pas été refait ?
- Parce que le patron a repris il y a deux ans dans un état vraiment catastrophique. Là, ce que vous voyez, le peu de peinture qu’il y a, c’est ce qu’il a fait cet été pour rattraper le coup et pour faire un peu plus propre, mais avant tout était bleu, donc tout était sinistre. Et là il prévoit, petit à petit, de tout refaire mais pour lui c’est pas trop rentable de commencer les grands travaux, il attend de rentabiliser son affaire, de faire du bénéfice bien bien, pour prétendre à des travaux plus sérieux.

K : Le nouveau parking va-t-il vous faire de la concurrence ?
- Dans un certain pourcentage, oui. Mais là, mon patron a récupéré une liste des parkings publics à Marseille, on s’est rendu compte que comme parking privé on était l’un des moins chers. Les parkings publics sont de plus en plus chers. Donc on a cette option, enfin on a cet argument vis à vis des clients.

K : Vous a-t-on fait des propositions de rachat ?
- Alors, non. Etant donné que mon patron a racheté les murs, il est propriétaire, il est intouchable. À part pour certaines parties du garage qui ne sont pas à lui, telles que ce bureau et les vitrines que vous voyez à côté, il est sur la sellette et il devrait les perdre parce que ça appartient à la ville. Il est propriétaire que de ce côté-là, mais tout ce côté-là il est locataire. Cette entrée-là, il va la négocier, ils ne peuvent pas lui forcer la main et lui bloquer cette entrée-là, étant donné qu’il est obligé d’avoir une entrée et une sortie ; donc je pense qu’ils ne pourront pas faire grand chose à ce niveau-là. Dernièrement il y a le boulanger à côté qui a eu un problème avec ces gens qui ont racheté, ces impérialistes américains, qui ont racheté toute la rue de la République et qui ont menacé pratiquement tous les commerces. Ils ont réussi pratiquement leur but, quoi : racheter tous les commerces et en faire une espèce de seizième parisien, quoi, enfin, marseillais.

Propos recueillis le 18/02/06 par Fanny Saisset ; rédaction : Patricia Rouillard ; documentation Jean-Joseph Castello.

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