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La revue du témoignage urbain

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Paroles de commerçants

Pour l’instant, c’est pas terrible

La nouvelle rue de la République ? Promoteurs et politiques répétaient qu’on allait voir ce qu’on allait voir. Certains ont vu... Et d’autres sont déçus comme cette marchande de journaux.


Koinai : Quelle est votre impression sur les travaux de la rue de la République ?
On nous l’avait montrée à coup de plaquettes, d’images 3D... On nous avait montré quelque chose d’assez pharaonique. Mais, là, le résultat c’est quand même assez décevant pour l’instant. Ca fait quand même quelques années qu’on nous dit, ça va être ci, ça être ça. Donc pour l’instant, c’est pas terrible. C’est-à-dire que le tramway, bon d’accord, le tramway par lui-même, c’est très bien. Ca aurait été mieux à mon avis, hmm, pardon, s’il avait été... Il y a des lignes qui vont être abandonnées. Donc, en fait, on a cette ligne qui traverse la ville, bon, mais qui va pas constituer quelque chose qui va structurer la ville entière vu que c’est une ligne unique. Donc déjà, on a quand même beaucoup souffert pour ça. Bon, c’est un peu décevant. Le quartier, le reste du quartier lui-même, bon, les réhabilitations immobilières sont pas totalement terminées, les commerces ça se fait un petit peu attendre. Donc, l’activité n’a pas du tout repris par rapport à ce qu’on avait avant. C’était... Le quartier était ce qu’il était, mais tournait. Bon, ça c’est la vision commerçante, pour l’instant, non, pas satisfaite du tout, du tout.

K : Alors qu’on vous avait fait des promesses, si je comprend bien ?
Ben, oui, quand même. Bon, c’était dans la presse ; ça allait être le quartier de demain, d’après-demain, de... Bon, alors peut-être, mais c’est demain qu’on attend pour l’instant. C’est, c’est... l’activité n’a pas du tout redémarré. Y a pas assez de monde dans les immeubles, y a plus de commerces de proximité, y a pas de commerces alimentaires. Euh bon, sur cette partie-là tout au moins, en bas c’est autre chose, mais sur cette partie-là, y a pas du tout de commerces, façon de parler, mais pas tellement de nouveautés. Donc, non, c’est pas satisfaisant par rapport à ce qu’on nous a fait miroiter, par rapport à la masse de travaux et y a quand même des sacrifices consentis. C’est pas satisfaisant.

K : Et là, vous avez plus de clientèle qu’auparavant, ou... ?
Oh, moins. moins. Parce qu’avant on avait une clientèle de bureau qui venait ici. Bon, on les a toujours, y en a même à la limite de plus en plus. Et aussi une clientèle de quartier, donc. Celle-là par contre... Y a des immeubles entiers qui sont vides... On l’a en partie perdue. Et la clientèle qui travaille sur le quartier, donc, oui, évidemment, elle y est, mais on a un petit peu changé ses habitudes. Il y a beaucoup de gens qui faisaient leurs courses le soir après le travail et qui rentraient chez eux après en métro. Et euh, bon, qui ont plus tellement de raisons de rester ici puisqu’il y a de moins en moins de commerces. Et bon, il faut pas oublier que le terminus du tramway est quand même beaucoup plus loin que le terminus du métro, que le terminus, que l’arrêt du métro. Donc en fait j’ai l’impression que le tramway sert surtout à nous enlever le peu de clientèle qu’y a.

K : Et l’avenir, vous l’envisagez comment ?
Je, euh, depuis quelques années je me méfie de l’avenir. Bon, parce que, bon, c’est, on veut bien y croire, enfin... Non, actuellement, en plus avec la conjoncture qui se profile, euh, c’est p’t’être pas très favorable à l’installation de grandes enseignes, à l’achat d’appartements qui sont quand même très chers. Et donc, je suis pas très très optimiste mais, bon, y a quelques années, on voulait y croire. Non, même, c’est, à titre personnel, c’était quand même un peu gros, je trouve. Mais bon, on voulait quand même y croire. Là, je suis un peu pessimiste. C’est... Enfin bon, on veut y croire quand même, on est dedans. Donc, bon, il faut y croire, mais bon, en toute objectivité, je suis pas très très optimiste. Je sais pas les autres, mais enfin moi...

K : Je suis allé voir la boulangerie. Apparemment, ils étaient plutôt satisfaits sur le changement de clientèle. Ils m’ont dit qu’ils n’avaient pas de clientèle de quartier non plus ?
A ben, non, c’est-à-dire que la clientèle de quartier, y en a de moins en moins. Ca... Alors est-ce qu’y va y avoir une nouvelle clientèle qui va venir s’installer dans les appartements qui sont refaits ? Pour l’instant y a pas grand monde. Y’en a quelques uns, bien sûr, mais bon, on a beaucoup cassé une dynamique qui était ce qu’elle était, enfin bon. Mais, en tout cas, mon commerce fonctionnait, fonctionne moins donc, soyons pas plus royaliste que le roi, c’est tout ce que je vois. Après bon si on a fait ça avec l’optique de changement de clientèle, de... C’est d’autres types de considérations. Moi, elle me convenait parfaitement ma clientèle, c’est donc à la fois, parce qu’elle consommait, et ensuite que je n’avais aucun problème avec ma clientèle de quartier. Mais pour l’instant, là, non, on est pas du tout satisfaits. Pas du tout.

Propos recueillis le 27 novembre 2008 par Jacques Becker.

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