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La revue du témoignage urbain

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Paroles de commerçants

Ils sont arrivés à leurs fins

Au n°29

"J’habite la rue de la République depuis une dizaine d’années. J’y travaille aussi. J’ai reçu, il y a quelques mois, un courrier me prévenant que le bail du magasin ne serait pas renouvelé. Je ferme le 27 février. C’est le pot de terre contre le pot de fer, pour eux nous sommes des rigolos." Gwenaël Kerdranvat, responsable chez Rogaray, Papier-peint et peinture.


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La municipalité est complice, cela fait des années que tout cela est planifié. Je trouve cela scandaleux que l’on foute des gens comme cela dehors et qu’au niveau de la municipalité, on ne fasse rien. Tous de mèche ! Quand on lance des travaux d’une aussi grande ampleur, on devrait prévoir une aide pour les commerçants ; soi-disant qu’ils l’avaient prévue mais ils ne l’ont même pas financée. La municipalité ne fait rien du tout, ils ont bien calculé leur coup et ils vont arriver à leurs fins.

Pour rester, ils exigent des conditions mirobolantes, ils nous cassent les reins, multiplient les loyers. Si on décide de rester, vu le chiffre d’affaire en baisse depuis trois ans, on ne peut pas tenir. Ce sont des méthodes de voyous, c’est un grand bulldozer qui détruit tout sur son passage. Ils ne tiennent pas compte de l’ancienneté, ils ne regardent pas sur le prix et sont prêts à payer des sommes mirobolantes pour obtenir ce qu’ils veulent.

Depuis le début des travaux le chiffre d’affaire est catastrophique. C’est pour cela que je dis que cela a été préparé depuis des années : ils nous ont appauvris avant de nous casser. La baisse est due aux problèmes de circulation, suite aux travaux. Des clients me disent : "Pour venir chez vous, c’est le parcours du combattant." Il y a aussi des problèmes de stationnement dans la rue. Même au niveau du logement, c’est une catastrophe ; ils demandent aux gens de partir, ils ont dépeuplé la rue et, ça aussi, nous a tué. Ces gens-là ne sont pas humains, ils ne voient que leurs intérêts financiers. Malgré tout, ils sont arrivés à leurs fins.

Les grandes enseignes attendent la fin des travaux pour s’implanter. Il ne faut pas croire, les commerces qui vont venir s’implanter sur la rue ont beaucoup plus de moyens financiers que nous et l’on ne peut rien faire contre cela.

Il vident tout pour revendre au prix qu’ils veulent. On verra bien ce qui va se passer. Ce qui va se perdre, c’est le commerce de proximité ; nous nous connaissons tous ici. Des commerçants ont accepté l’offre pour avoir un peu d’argent. Ne croyez pas, on va tous partir ; moi, je vais travailler pour la même société mais ailleurs. Ceux qui disent qu’ils vont rester, c’est du pipeau, mais cela, je vous le dis, reste entre nous.

Propos recueillis le 17/02/06 par Jean-Joseph Castello ; rédaction : Patricia Rouillard.

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