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La revue du témoignage urbain

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Femme aujourd'hui

Une femme en chantée

Aubades masculines pour leurs beaux yeux


ou sont les femmes
 ou sont les femmes

On en aura fait couler, de l’encre, nous les femmes. Celles-là même qui ont fait chavirer des cœurs, fait couler des larmes, crier de bonheur, hurler de joie. En fait, nous sommes au centre du monde, et utiles à l’homme bien plus qu’il ne l’admet !

Prétentieuse, direz-vous !

Eh bien, non ! Pour preuve : combien d’hommes, ivres d’amour, ont couché sur leur cahier, à défaut de la coucher elle, des paroles inspirées par une belle ? Combien ont crié leurs noms en musique ? Félicie, Madeleine, Céline, Gabrielle, Aline, Gaby, Aïcha et toutes les autres... Combien, émoustillés par leurs aventures, leurs mésaventures, malades, brisés, déçus, écrivent leur histoire. Certains, avec beaucoup d’amertume, d’autres, avec des mots parfois très forts. Ainsi, ils déclarent leurs flammes ou leurs griefs à ces femmes, aimées, détestées, adulées, convoitées, désirées ou même critiquées. Certaines oseront même, au travers de leurs chansons, exprimer les sentiments qu’éprouvent deux femmes entre elles et parler ainsi du sujet tabou qu’est l’homosexualité, pour une fois sans la condamner. Ainsi, naissent des succès de la chanson française.

Tino Rossi aime les femmes et il ne s’en cache pas. Alors que les uns aiment les fleurs, d’autres le soleil, lui, rêve d’elles, nuit et jour. Qu’elles soient brunes ou blondes : J’aime les femmes, c’est ma folie. En elles, tout est merveilleux et je voudrais donner ma vie pour un regard de leurs beaux yeux...

Jacques Brel la supplie de ne pas le quitter. Malgré les malentendus, il faut oublier. Il lui promet monts et merveilles, allant jusqu’à l’impossible afin de la garder près de lui. Il implore : Ne me quitte pas, je ne vais plus pleurer, je ne vais plus parler. Je me cacherai là, à te regarder danser et sourire, et à t’écouter chanter et puis rire. Laisse-moi devenir l’ombre de ton ombre, l’ombre de ta main, l’ombre de ton chien...

Charles Aznavour lui offre sa dernière seconde et quitte le monde sans regret. Angoisse du pire, peur du lendemain, mais de toutes manières, mourir pour mourir, il déclame : Aïe, mourir pour toi, prendre le meilleur de nous-même dans le souffle de ton je t’aime et m’endormir avec mes joies. Mourir pour toi...

Claude François se souvient que son père l’avait averti. Qu’il fallait s’en méfier, qu’elles le rendraient fou de joie, de douleur, mais plus fou de jour en jour. Malgré tout, en les côtoyant, il finira par trouver son bonheur puisque : Elles sont toutes belles, belles, belles comme le jour. Belles, belles, belles comme l’amour...

Johnny ne se reconnaît plus. Il n’est plus qu’une ombre sans lumière. Il y avait pourtant en lui une part de tendresse, d’amour. Autre chose que la haine et un cœur de pierre, mort pour un "je t’aime", il lui susurre : Mais il y avait tes yeux, il y avait ton corps et je me noyais en toi jusqu’à tomber mort, au champ d’amour dans tes bras. Mais il y avait tes reins, il y avait tes seins et il y avait ma folie. Je n’avais plus rien à perdre que ma vie...

Joe Dassin se pose la question existentielle de savoir s’il existerait, si elle n’existait pas. Il ne serait rien qu’un point de plus. Il ferait semblant d’être, traînerait sans espoir, sans regret et de toutes façons. Il lui avoue : Si tu n’existais pas, je crois que je l’aurais trouvé, le secret de la vie, le pourquoi. Simplement pour te créer et pour te regarder...

Serge Gainsbourg se console de ses amours brisées dans les WC, où il s’est fait faire trois millions de jocondes sur papier cul. Il joue la provocation : C’est ainsi que je me venge de toutes les nanas qui m’ont baisé avec leur sourire de Mona Lisa...

Serge Lama apprend, grâce aux p’tites femmes de Pigalle, les délices de l’amour. Après avoir trouvé un voyou dans son lit conjugal, il a perdu la femme de sa vie mais il s’en fout pas mal puisqu’il est cocu mais content. Grâce à lui, il sourit : Je m’en vais voir les p’tites femmes de Pigalle, tous les maqu’reaux du coin me rincent la dalle. J’m’aperçois qu’en amour, j’n’valais pas un sou mais grâce à leurs p’tits cours, je vais apprendre tout...

Francis Cabrel, sur un ton poétique, la conjugue au passé, présent et futur. Elle reste son unique projet, dans cette vie et celle d’après. Là où elle regarde, il y a de l’amour et il admet : Même le ciel prétend qu’il te connaît. Il est si beau, c’est sûrement vrai. Lui qui ne s’approche jamais, je l’ai vu pris dans tes filets. Le monde a tellement de regrets, tellement de choses qu’on promet, une seule pour laquelle je suis fait, je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai...

Patrick Juvet n’a de cesse de chercher les femmes, les vraies, car de plus en plus masculines, elles ne parlent plus d’amour, préfèrent les motos aux oiseaux, font des enfants par hasard. Il s’interroge : Où sont les femmes ? Avec leurs gestes pleins de charme. Dites-moi où sont les femmes ? Femmes, femmes, femmes, femmes. Où sont les femmes ? Qui ont des rires pleins de larmes. Auraient-elles perdu leur flamme...

Michel Sardou évoque celles qui ont l’amour dans le corps, qui sont heureuses de porter un enfant et qui ont la peur des hommes, la peur du ciel. Les femmes qui intriguent puisque : Voilées pour ne pas être vues, cernées d’un silence absolu, vierges de pierre au corps de Diane, les femmes ont pour leur lassitude, des jardins clos de solitude, le long sanglot des musulmanes...

Jean-Jacques Goldman parle de cette femme qui, dans ces années un peu folles où les papas n’étaient plus à la mode, a fait un bébé toute seule. Bien qu’elle défasse son lit toute seule, qu’elle courre toute la journée, elle assume sa féminité. Mais il constate : Elle m’téléphone quand elle est mal, quand elle peut pas dormir, j’l’emmène au cinéma, j’lui fait des câlins, j’l’a fais rire, un peu comme un grand frère, un peu incestueux quand elle veut. Puis son gamin, c’est presque le mien, sauf qu’il a les yeux bleus...

Phil Barney garde de sa bien-aimée, Jason, l’enfant né au mois de Février. Après avoir quitté le studio, être sorti dans le froid glacial, il apprend avec désespoir le décès de son amour. Il se souvient : Tout le monde était très gentil avec moi, je ne comprenais pas que dans son coeur, y avait la vie et qu’dans le tien, il faisait froid...

Mécano n’a pas l’audace de tousser quand elle les trouve dans le salon, bouche-à-bouche. Elle ne veut pas les juger, ni même leur jeter la première pierre car de celles-ci, elles construiraient leur forteresse. De toutes façons : Ce qu’ils en pensent ou disent ne pourrait rien y faire, qui arrête les colombes en plein vol, à deux, ras du sol, une femme avec une femme...

Il va sans dire que ce n’est qu’un aperçu des chansons qui me reviennent en tête et qui parlent des femmes. Les histoires d’amour ne finissent pas toujours bien. Chacun a sa façon d’exprimer son désespoir, son mal-être. Les femmes marquent les années, les siècles et elles continueront d’être les inspiratrices des paroliers. Il y aura toujours quelque chose à dire à notre sujet, en bien, en mal, peu importe...

Salima Tallas, mai 2005

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