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La revue du témoignage urbain

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Femme aujourd'hui

Regard d’une femme à l’aube de ses cinquante ans

Régine est stupéfaite que des questions comme l’égalité ou la mixité soient encore posées. Pour elle, ces questions devraient, au XXIème siècle, aller de soi, comme il serait si simple d’envisager la famille et le couple, c’est-à-dire un homme, une femme et des enfants, ainsi qu’une organisation familiale équitablement partagée. Chacun en est capable, le tout est de s’y mettre, ou de l’admettre...


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Koinai : Pourriez-vous vous présenter ?
Je suis déléguée à l’insertion socio-professionnelle depuis quelques mois.

K : Que veut dire "la femme", pour vous ?
Tout d’abord, c’est une personne. D’ailleurs, les femmes se sont battues depuis de nombreuses années et se battent encore, pour avoir droit à la reconnaissance en tant que personne à part entière, que ce soit en France ou ailleurs. Elles luttent aussi pour l’égalité au niveau des salaires. Dans beaucoup de pays étrangers, on voit encore des femmes maltraitées. C’est vrai que ce sont mes opinions, j’aurais tendance à me battre pour la liberté de la femme. Oui ! La femme est un être humain, il n’y a pas de soucis de ce côté-là. Je peux dire encore beaucoup de choses sur la femme, mais je vais en rester là...

K : Que pensez-vous du couple aujourd’hui ? Pourquoi a-t-on beaucoup de divorces ?
Je pense que c’est une question d’éducation. Les femmes revendiquent actuellement des droits complètement différents d’autrefois. Elles ont tendance à se révolter, à vouloir acquérir leur autonomie, donc c’est une demande de reconnaissance. Bon, ceci dit, on ne s’entend pas avec tout le monde non plus. Il y a ça aussi, mais je ne suis absolument pas contre les hommes, voilà !

K : En 2004, y a-t-il un changement énorme au niveau du couple ?
C’est vrai que la femme restait souvent à la maison. Elle n’avait pas de place politique ou dans des secteurs tels que la recherche, la médecine ou l’encadrement moyen ou supérieur et politique. Les femmes étaient souvent cantonnées aux métiers de lingère, repasseuse, couturière, etc. On mettait souvent en avant ce type de travail pour les femmes, étant donné qu’elles étaient susceptibles d’avoir des enfants et ne pouvaient pas s’occuper de postes à responsabilités. On n’a pas beaucoup d’exemples au niveau de femmes qui seraient comparables aux hommes dans leur réussite professionnelle. On n’a pas beaucoup d’exemples au niveau des femmes en tant qu’écrivain ou autre... La position des hommes est aussi amenée à évoluer. Eux-mêmes sont amenés à se reprendre et à revoir leur façon de penser.

K : La femme a beaucoup pris confiance en elle, en profite-t-elle ?
Non, je ne pense pas, non ! Avant que les choses arrivent à se stabiliser, on passe par des hauts, par des bas. Il y a des apaisements qui permettent d’égaliser la façon de penser. Je ne pense pas que la femme en abuse. De toute façon, on ne peut pas comparer un homme et une femme. On a une pensée totalement différente et chacun doit être assez intelligent pour savoir comment tirer profit et être en harmonie avec l’autre. C’est vrai, on ne s’entend pas toujours avec l’autre.

K : Pensez-vous que la femme, quand elle fait un bébé toute seule, prend de l’autonomie et que l’homme en a peur ?
Par rapport à ça, j’ai toujours été contre, même quand j’étais très jeune, parce qu’un enfant s’élève à deux et que toutes les façons, un enfant doit savoir ce qu’il en est de son père et de sa mère. Lorsque le parent ne vit pas avec lui, l’enfant n’arrive de toute façon pas tout seul dans le ventre de la maman. C’est vrai que c’est exagéré, mais je crois que les femmes ont toujours rêvé d’être autonomes vis-à-vis des hommes. Mais passer du fantasme à la réalité, je pense qu’il n’y a pas beaucoup de femmes qui agissent de cette façon-là.

K : Ce désir d’enfant seule concerne-t-il la génération actuelle, ou la précédente ?
Pour moi, c’est un manque de maturité. On ne peut railler les hommes. Pourquoi faire ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce que ça serait les hommes qui n’auraient pas de valeur ? Non, je ne suis pas du tout d’accord.

K : La femme a-t-elle toujours besoin de l’homme aujourd’hui ?
Ah ! Eh bien, oui (rires) ! Je pense complètement qu’une femme a besoin d’un homme et qu’un homme a besoin d’une femme. Je pense aussi qu’on n’est pas fait pour vivre seul non plus. Je crois que l’homme a des tas de qualités. Je suis aussi pour eux.

K : La femme va-t-elle évoluer au niveau politique ?
Oui, je pense qu’elle va évoluer. Je le pense sincèrement et je le souhaite. C’est très intéressant d’avoir des sensibilités différentes. Cela dépend. Je suis assez idéaliste. C’est important, d’arriver à mélanger les personnes de toutes convictions. S’il y a qu’une seule personne qui prend les pouvoirs, je ne vois pas où serait l’égalité entre les êtres. Il faudrait un maximum de tolérance. S’il y a toujours la même personne au pouvoir, c’est vrai que je ne sais pas où serait l’égalité entre les sexes.

K : Que faudrait-il faire, à votre avis ?
Il y a des lois sur la parité. Je trouve ça dommage d’être obligé de se servir d’une telle loi, parce qu’il faudrait sensibiliser les hommes différemment. Je fais confiance aux générations futures. Les choses vont changer.

K : Pourquoi les hommes traitent-ils les femmes d’emmerdeuses ?
Parce qu’ils ont oublié de se regarder eux-mêmes (rires) !

K : Selon certains sociologues, plus les femmes assument leurs responsabilités, plus les hommes sont surpris qu’on leur demande d’en faire autant. Qu’en pensez-vous ?
C’est une réalité. Il est difficile de mettre en compétition les hommes et les femmes, si c’est dans ce sens-là que ça veut dire, parce qu’il y aurait plusieurs sens, j’en ai l’impression... En fait, l’homme est surpris qu’on lui demande d’en faire autant. Je crois que le tempérament de l’être humain en général... bon, c’est vrai qu’on élève les jeunes filles de façon à ce qu’elles assument un certain nombre de choses, c’est intrinsèque. Cela veut dire que c’est dans la nature de l’évolution de l’être humain. On a toujours conditionné la femme et la mère pour qu’elles fassent plusieurs choses, notamment s’occuper du foyer et des enfants, voilà. Donc, cela fait vraiment partie de leur nature de s’occuper de tout. C’est pour cela que l’homme se met en retrait et se laisse aller. Au bout d’un moment, il est surpris qu’on lui demande d’en faire autant et de même pour la femme, lorsqu’un homme prend les choses en main, elle va lui demander d’en faire autant. Elle n’a pas envie de faire des choses en plus de ce qui est prévu. On est des râleurs, quand même ! La communication, c’est important...

K : C’est peut-être aussi pour ça qu’il y a des couples qui se séparent ?
Oui, ce n’est pas toujours évident.

K : Qu’aimeriez-vous dire de plus sur la femme ou sur le couple ?
Moi, je trouve que pour les femmes, il y a encore beaucoup à faire. Par exemple, au niveau des femmes battues. Ce sont des problèmes vraiment très, très lourds. Je voudrais quand même revenir à la séparation du couple et à la précarité, surtout pour les femmes seules qui élèvent leur enfants souvent dans des situations très précaires. Même si elles travaillent, il leur faut garder les enfants, assumer les charges du ménage. Quand même ! Les hommes ne sont pas assez responsables, même si c’est en évolution et surtout, beaucoup ne payent pas leurs pensions alimentaires ou ne s’occupent pas du tout de leurs enfants. Je pense qu’il y a danger. J’aimerais que chacun apprenne à écouter l’autre, mais personne n’est parfait. C’est vrai que je voulais soulever la question de la précarisation en France pour les femmes seules, et celle de la violence qui est encore faite aux femmes. Ce dont nous avons parlé, c’est surtout de l’évolution et de la position de la femme. C’est vrai que j’ai souvent rencontré des hommes et notamment dans ma formation et dans beaucoup de mes stages. Beaucoup de femmes dont le mari ne travaille pas sont obligées d’aller chercher du travail et l’homme se sent dévalorisé. Il y a des fainéants partout. Je ne veux pas croire que tous les hommes sont des fainéants ! C’est un phénomène de société dont il faut s’occuper...

Propos recueillis par Sohad Tari, décembre 2004

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