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La revue du témoignage urbain

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Femme aujourd'hui

Annie ou la persévérance

Annie est secrétaire. A 54 ans, elle est mariée, mère de deux enfants et grand-mère de deux petits garçons. Pour elle, l’existence des femmes a évolué...


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Koinai : Que représente la femme pour vous de nos jours ?
De nos jours les conditions de la femme ont évolué par rapport aux années soixante. Elle est plus libérée, plus indépendante. En général, un grand nombre de femmes travaillent, s’assument et il y a beaucoup de femmes seules aussi qui s’assument après avoir élevé leurs enfants. Elles essaient de retrouver une activité professionnelle. Des femmes suivent des formations quand elles sont sans emploi. Je trouve que la femme de nos jours est plus avantagée par rapport à mon époque.

K : Qu’est-ce pour vous être une femme ?
À mon avis, être une femme avant tout c’est être une maman. Elle doit assumer à la maison de nombreuses tâches au quotidien. Dans la vie personnelle, elle essaie souvent de concilier les nombreuses activités dans divers domaines.

K : Pensez-vous qu’il y ait entre les hommes et les femmes des inégalités et quelles sont-elles ?
Oui, je pense qu’il y a des inégalités. Il y a pas mal de contraintes dans le domaine de l’emploi, notamment. Souvent, les femmes sont sous-estimées dans certains emplois importants, chez les cadres ou autres. Elles ne sont pas, toujours pas égales au niveau du salaire. Dans le milieu du travail, je pense qu’à travail égal, le salaire n’est pas toujours le même. J’ai d’ailleurs rencontré ce cas : j’ai effectué le même travail que d’autres hommes qui ont travaillé avec moi, et j’étais sous-payée par rapport à eux alors que nous effectuions le même travail.

K : Les choses ont-elles changé depuis votre jeunesse ?
Oui, les choses ont beaucoup changé. Dans ma jeunesse, il fallait être mariée, on se mariait très jeune, à l’époque. Maintenant, les jeunes filles, les jeunes femmes, sont plus libérées. À notre époque, il fallait être mariée, il fallait respecter certaines règles dans la vie. Je trouve que les choses ont vraiment évolué.

K : Quel rôle joue la femme dans la société ?
Elle joue un grand rôle puisque maintenant, de nombreuses femmes font de la politique. Elles sont parfois mieux écoutées, mais les grands postes en politique sont surtout pourvus par les hommes. Je pense quand même que la femme évolue bien dans ce sens.

K : Justement, vous parliez politique, quelque chose à ajouter ?
Oui. Nous avons par exemple madame Alliot Marie qui est ministre. J’estime qu’elle assume très bien son rôle de femme ministre. Il y a aussi d’autres femmes députées qui tiennent bien leur rôle de femmes, qui sont maires de commune ou de ville, qui assument très bien leur fonction. Ce qui existait moins à mon époque.

K : Selon vous, est-il indispensable d’avoir une vie de couple ?
Absolument. C’est excellent pour son équilibre et une vie de couple est nécessaire pour une femme, à mon avis, surtout si elle a des enfants. Il vaut mieux qu’il y ait un couple, pour élever des enfants.

K : Est-ce important d’avoir des enfants ? Si oui, pourquoi ?
Non. Il n’est pas si important que ça d’avoir des enfants. Mais si les personnes le désirent... Surtout que maintenant les femmes ont des enfants de plus en plus tard, par rapport à leurs études, leur vie professionnelle. Je pense qu’il n’est pas très utile d’être parent. La vie commence à être difficile, le coût de la vie, les études, et il devient très difficile d’assumer l’enfant, d’élever un enfant à notre époque. Il faut avoir les moyens pour bien les élever et les éduquer.

K : Pensez-vous que le couple ait évolué depuis ces dernières décennies ?
Oui. Le couple a évolué dans la mesure où les gens se marient moins. Il y a beaucoup de concubinage, et le couple a évolué dans ce sens. Des couples ont des enfants, souvent sans être mariés. Il n’est pas vraiment nécessaire d’être mariés pour être un couple. En général, beaucoup de couples réussissent bien leur vie même s’ils ne sont pas mariés.

K : Mais un couple peut-il vivre séparément ?
Je ne pense pas qu’un couple puisse vivre séparément. Je ne suis pas du tout d’accord sur ce point et je ne suis pas sûre qu’ils puissent vivre l’un sans l’autre. L’homme a besoin de la femme et la femme a besoin de l’homme, mais il ne faut pas faire n’importe quoi.

K : Que pensez-vous du regard des hommes ?
Il est très flatteur, parfois. En général, les femmes apprécient. Pour son ego, la femme est satisfaite de sentir le regard d’homme, de constater ou de croiser le regard d’homme.

K : Avez-vous un avis sur la séduction ?
Oui. La femme se sent bien quand elle arrive à séduire certaines personnes, un homme ou une femme, puisqu’on peut tout aussi bien séduire un homme ou un femme. La femme est bien dans sa peau quand elle sait qu’elle arrive à séduire, elle se sent bien dans sa tête aussi. Si par exemple le matin, elle croise le regard d’un homme qui l’admire, un regard d’admiration ou le regard d’une femme sur sa tenue vestimentaire ou autre, ou dans tous les domaines. La femme est ravie de plaire. Le problème de la femme a toujours été de séduire.

K : Pensez-vous que la séduction soit primordiale ?
Absolument, et dans tous les domaines, professionnel ou autre. Une femme qui vient pour un entretien professionnel a besoin de séduire son interlocuteur. Une femme a besoin de séduire à tout âge.

K : Que pensez-vous de l’infidélité ?
Je pense que parfois l’infidélité, si elle n’est pas renouvelée, peut être acceptée difficilement. Je pense aussi que si l’homme commet une infidélité, elle peut être pardonnée si c’est accidentel, dans un moment de faiblesse. Je pense qu’on peut pardonner une fois mais, si elle est renouvelée, personnellement, je suis absolument contre l’infidélité.

K : Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Oui. Je tiens surtout à dire qu’une femme de cinquante ans peut encore séduire, avoir un avenir professionnel, de l’ambition dans tous les domaines. Elle peut avoir une nouvelle vie qui peut être bénéfique. À notre époque, les femmes de cinquante ans sont encore de jeunes femmes. Il faudrait aussi que les hommes et les femmes soient au même niveau, considérés au même niveau surtout dans le domaine professionnel. La femme de cinquante ans a eu souvent de nombreux échecs dans sa vie, et il faut essayer de remonter la pente puisque certaines dépriment, alors qu’elles sont encore jeunes et elles ont certainement besoin d’aide. Il ne faut pas qu’elles baissent les bras. Je voudrais quand même positiver puisque j’ai cinquante-quatre ans, je suis mariée depuis trente-quatre ans, je suis heureuse. Nous vivons seuls avec mon mari. Nous sommes un vrai couple. Depuis plusieurs mois, j’ai repris des cours d’anglais, c’est une véritable passion. J’ai toujours envie d’apprendre. Je voudrais dire à toutes les femmes de cinquante ans qui sont un peu découragées, d’avoir un but, un projet de vie pour essayer de sortir de là, de faire autre chose dans leur vie, d’avoir une activité, même d’aller dans les milieux associatifs. C’est important pour l’équilibre. Ce que je voudrais dire aux nombreuses femmes qui baissent les bras, c’est de reprendre une activité, de remonter la pente et ce qui serait bénéfique pour leur mal-être si elles sont dans ce cas. Il faut faire toujours des choses nouvelles, dans la vie. Je souhaite à toutes les femmes de s’inspirer de cet exemple.

Propos recueillis le 24/01/05 par Joseph Ouazana

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