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La revue du témoignage urbain

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La tête de l'emploi

Le bleu de chantier

« Tout peut être dangereux, en moins de deux on peut se faire écraser par un camion, on peut se faire couper la main par une tronçonneuse, c’est quand même un danger réel qui est proche… Les engins ont beaucoup plus de force que nous, je veux dire, on se fait attraper par un engin, on se fait renverser par une voiture… C’est pas du travail de bureau, c’est vraiment du travail physique, c’est plutôt contraignant parce qu’il faut faire toujours attention à tout. » Guillaume Hanoun, 25 ans, chef de chantier sur le parcours tram depuis un an.


Le bleu de chantier
 Le bleu de chantier

Koinai : Comment avez-vous appris votre métier ?
Ça, sur le tas, sur le terrain, c’est les anciens qui nous donnent les conseils. J’ai une formation terrain, comment dire, géotechnique et génie-civil, c’est une formation, un peu de géologie, un peu de construction et un peu de bâtiment, c’est un peu de tout, quoi. Je suis conducteur de travaux, chef de chantier, conducteur… voilà.

K : Pouvez-vous décrire votre tenue de travail ?
Nous, nous portons des chaussures de sécurité, le bleu, alors si, on a un pantalon bleu avec des bandes réfléchissantes grises, et puis on a en haut - généralement vu le temps, la chaleur qu’y a - des tee-shirts en coton avec un baudrier jaune et le casque, pour terminer.

K : Avez-vous des accessoires ?
Selon si on fait du terrassement, on a des gants ; si on fait de la découpe avec des scies circulaires, on a des lunettes ; on a des casques si y a des engins de levage à proximité. Sinon on a des bouchons antibruit, voilà. Ce sont des protections individuelles pour la sécurité selon les types de travaux qu’on effectue. Le gilet c’est parce qu’on travaille en circulation, donc c’est par rapport aux automobilistes, pour qu’ils nous voient arriver, pour qu’ils nous distinguent bien d’un simple piéton, vu que nous on est amené à traverser régulièrement la voie de la route.

K : Où vous procurez-vous votre tenue de travail ?
Ça, c’est fourni par l’entreprise. Dès qu’on démarre le chantier, le chef de chantier ou l’entreprise d’où on part chaque matin nous fournit les équipements individuels de protection. Dès qu’on arrive, ils me donnent deux pantalons, quatre tee-shirts, un baudrier, un casque, une paire de gants et deux ou trois bouchons antibruit.

K : Quelles sont les contraintes liées à votre activité ?
C’est la circulation, dès qu’on travaille en ville c’est la circulation, les engins, les engins donc ça peut être une pelle, un camion, ou… C’est surtout la promiscuité entre les ouvriers et les engins, voitures ou engins chantier.

K : Les tenues sont-elles faites d’un textile particulier ?
Coton.

K : Que contiennent les poches ?
Les poches pour mettre, quand on a une tenaille, un tournevis, paire de gants. C’est pour mettre le stylo, la tenaille, le cutter, c’est pour tout ce qui est le petit matériel de chantier.

K : Assurez-vous l’entretien de la tenue ?
Oui, c’est pour ça qu’on a un roulement, comme on a deux pantalons, quatre tee-shirts, ça permet de laver à la machine.

K : Quelle tenue portent les autres ouvriers ?
On a tous les mêmes tenues.

K : La tenue a-t-elle évolué ?
Il y a plus de bandes réfléchissantes sur les pantalons, sur les gilets pour… toujours liées à la circulation d’engins pour qu’ils nous voient plus.

K : Quel est le temps consacré pour s’habiller ?
Un quart d’heure le matin, un quart d’heure le soir.

K : Avez-vous les mêmes tenues pour l’hiver et pour l’été ?
Non, pour l’hiver on a des tenues spéciales, bon ici encore dans la région il fait pas trop trop froid comparé au nord, mais l’hiver l’entreprise nous fournit une parka, parka-chaud-fin assez consistante, quoi.

K : Avez-vous l’impression de changer de peau en tenue de travail ?
Oui, un petit peu. On n’a pas le même comportement quand on traverse une route, quand on a le baudrier ou quand on a le pantalon, que si on est en habit civil, ou alors quand on marche sur le chantier, le sol est assez inégal donc avec les chaussures de sécurité on sent quand même qu’on a plus de protection pour les pieds que des baskets ou des…

K : Êtes-vous à l’aise dans votre tenue ?
Oui, ça va.

K : Pensez-vous que l’habit fait le moine ?
Eh oui, ça oui. Dès que vous portez un uniforme, que ça soit nous ou que ça soit n’importe qui, ça change le personnage, ça change le… Il y a le regard qu’ont les autres sur nous, ça change plein de choses.

K : Aimez-vous la porter tous les jours ?
Bon, quand on la porte c’est qu’on travaille, généralement, si je pouvais rester couché ça serait différent.

K : Vous arrive-t-il de ne pas porter la tenue pendant les heures de travail ?
Le chef est assez vigilant à ça, donc on n’a pas trop le droit de pas… Si on arrive ici sans tenue, le chef nous renvoie ; c’est généralement pas autorisé.

K : Changez-vous votre tenue de travail dans la journée ?
Moi non, je sais que d’autres collègues le font mais moi non. Moi je transpire pas énormément. Là y’en a ils supportent pas, ils coulent, ils transpirent énormément et du coup ils se changent à midi, après avoir mangé ; ils se changent au moins le tee-shirt.

K : Votre tenue influence-t-elle votre comportement ?
Non, je pense qu’elle influence plus les autres, c’est-à-dire plus les autres nous voient. Déjà les chauffeurs d’engins, par exemple, nous voient plus, même les gens qu’on discute avec eux, et s’ils voient qu’on est des travaux, ils ne discuteraient pas pareil avec vous que si on était habillé en civil.

K : La tenue fait-elle une seconde peau ?
Non, pas à ce point là. Ah, souvent quand je vais dans les bureaux, on est en veste, pantalon, c’est en costume, c’est… Ça c’est plus une deuxième peau que les habits de chantier.

K : Êtes-vous fier de votre tenue ?
Oui, oui.

K : Que portez-vous en dehors du travail ?
Eh ben, en ce moment, plutôt short, sandale, tee-shirt, chemise.

Propos recueillis le 17/07/06 par Dalila Bouhmadou ; rédaction : Patricia Rouillard.

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