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La revue du témoignage urbain

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L'enfance de l'art

De l’herbe au plafond

"Je me rappelle, on se faisait la tente d’un côté et il y avait les plantes qui nous faisaient l’entrée, c’était notre forêt, notre jungle ! On était des Indiens, alors qu’on était sur un balcon dans le 5ème arrondissement de Marseille..."


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Koinai : À quand remonte votre plus vieux souvenir d’enfance lié à l’activité de jardinerie ? Vous pouvez nous en parler ?
Greg et Mickaël : On était petits, notre mère bouturait déjà des plantes ; chez l’un ou chez l’autre, elle récupérait des boutures et puis les ramenait à la maison, où chaque coin de balcon était exploité, pour avoir une nouvelle plante d’intérieur. Donc notre plus vieux souvenir, c’est vers sept ou huit ans.

K : Alors, elle a été votre premier modèle ?
Oui, c’est "la mama", c’est elle qui nous a montré tout ça. Sans pour autant nous faire la leçon, quoi, c’était naturel ; on creuse, on met la plante dans la terre, on retourne, on met des petites pinces pour tenir les feuilles plaquées... Y a des petites astuces, elle nous les montrait comme ça, sans faire exprès je dirais, c’était naturel pour elle quoi !

K : Et à quel moment vous êtes-vous orientés de manière sérieuse vers cette activité ?
Au vu de notre parcours de salariés, on s’est dit qu’il fallait qu’on crée quelque chose...

K : Vous faisiez quoi, avant cela ?
On a eu des cursus scolaires un peu différents, mais on a tous les deux travaillé dans le meuble, dans l’imprimerie, on a fait plusieurs petits trucs quoi ; puis on a voulu créer une entreprise... C’était le jardinage, en centre-ville, on s’est dit de suite...

K : Et comment vous est venue cette fibre artistique ?
C’est pas artistique.... Je sais pas, on s’est même pas posé la question, ça a été ça de suite, quoi !
J’ai eu l’occasion de reprendre mes études, je les ai repris dans la biologie végétale, parce que c’était ce qui m’intéressait. Et puis quand on est arrivés à se poser la question : "est-ce qu’on fait quelque chose de nous-mêmes, plutôt que de rester comme on est"... Avec l’entreprise où j’étais qui partait plus ou moins en biberine, celle dans laquelle où était Mickaël aussi, donc on s’est dit : "qu’est-ce qu’on va faire de nos dix doigts" et de suite c’est venu. Il nous faut une petite jardinerie, voilà c’est ça notre truc quoi ! Donc, la question ne s’est pas posée longtemps. Moi j’avais fait quelques études, et Mike avait une expérience dans la vente...

K : Vous avez voulu le mettre en application ?
Exactement, c’est bien tombé, lui avait le côté commercial et moi j’avais le côté biologie végétale, les plantes etc... Donc voilà quoi. Tout en ayant cette passion-là en commun, alors que ça n’avait rien à voir avec le travail qu’on faisait avant, puisque j’étais dans une imprimerie et lui dans un magasin de meubles ! Ca n’avait rien à voir, on n’avait jamais eu l’occasion de faire dans ce domaine-là. On a pris le premier travail qu’on trouvait, comme beaucoup de gens qui prennent un premier emploi, à dix-huit ans...

K : Vos parents, vos grands-parents, ils faisaient quoi ?
Ma grand-mère a un jardin immense, en tout cas dans mon souvenir d’enfant, car il y a longtemps que je n’y suis allé. Mais il était immense... Il y avait le champ derrière chez elle, les agriculteurs dans le coin, donc quand on y allait, c’était le réflexe qu’on avait...

K : Elle faisait quoi ?
Elle jardinait son potager, ses légumes, pour elle c’était naturel. D’ailleurs quand on allait là-haut, elle nous faisait ses frites ! Ce n’était pas du surgelé, c’était les frites "à la mémère", comme on disait... Avec son potager sur son bout de terre, pour elle c’était naturel, dans le nord ça se faisait comme ça...

K : Vous aussi, vous avez vécu dans le nord ?
Oui, quand on était petits. Après, en arrivant à Marseille, c’était différent : les jardins c’est moins courant, donc tout s’est reporté sur les balcons. Et finalement, on arrivait à se faire quelque chose de sympa sur les balcons aussi, quand on y met du sien et du courage quoi... ! Voilà, ça commençait avec de grands balcons, je me rappelle, on se faisait la tente d’un côté et il y avait les plantes qui nous faisaient l’entrée, c’était notre forêt, notre jungle ! On était des Indiens, alors qu’on était sur un balcon dans le 5ème arrondissement de Marseille...

K : Des rêves d’enfant...
Ouais, ouais... Enfin c’était la réalité, c’était comme ça ! Il y avait des plantes de partout, des canaris, c’était comme à la campagne. A l’époque, quand on est petit...

K : Quelles sont les contraintes de cette activité ?
On travaille beaucoup. On commence assez tôt pour avoir de belles plantes, et on reste ouverts assez tard, par rapport à la nature des ventes, voilà... Sinon c’est plus des contraintes de la mairie, aujourd’hui c’est plutôt des contraintes de quartier, mais, comme le métier nous plaît, on arrive à s’accommoder de tout. Quand on aime on ne compte pas, quoi !

K : Vous sentez-vous proches de la terre, de tout ce qui est vert.... ? Comment le ressentez-vous, ça ?
Oh, à quelques couches de bitume près, on se sent près de la terre, oui... ! (rires)

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