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La revue du témoignage urbain

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Chacun son métier

Promenons nous, dans le bois…

Formé au métier du bois dans une école d’ébénisterie-marqueterie, Nicolas Garnier, 34 ans, a depuis lors travaillé ce matériau noble. Un temps restaurateur en mobilier chez un antiquaire, il s’est associé avec son amie Gaëlle, issue du même apprentissage mais plus axée sur les jeux pour enfants : depuis trois ans, boulevard de la Libération, leur magasin de jouets en bois - vente et fabrication - ouvre ses portes aux amateurs et aux passionnés. Mobiles, empilables et jouets à tirer.


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Promenons nous, dans le bois…
 Promenons nous, dans le bois…

Voir en ligne : jouets en bois

Koinai : Comment est née l’idée de votre activité ?
Un peu par hasard, dirait-on ; en fait, c’est l’envie de redonner le goût aux gens du contact du jouet en bois, quoi, qui est un peu plus noble et pis moins… comment dire, un peu plus durable, quoi. C’est peut-être un peu plus luxueux mais c’est pas le jouet qu’on va jeter comme un jouet en plastique ; s’il est cassé, c’est toujours plus ou moins réparable. C’est un jouet qui peut durer un moment, pis même passer plusieurs générations.

K : Le jouet en bois, c’est un souvenir d’enfance ?
Un petit peu, mais alors c’était… parce qu’on est plus de la génération plastique nous, d’accord, on est nés fin années 70 début 80 et on est plus sur une génération plastique, donc c’est vrai que c’est un petit peu ce qui nous a manqué quand on était gamins, quoi. On a découvert ça, en fait, par le biais d’Internet et puis bon, le fait que ça revienne un peu à la mode, y’a aussi un autre magasin de jouets en bois sur Marseille. On a découvert ça aussi dans le Jura où c’est l’endroit privilégié en France de la fabrication du jouet en bois.

K : Quelles sont les compétences requises par la profession ?
Ben quand même, il faut avoir des bases d’ébénisterie, l’amour du travail du bois. Bon, c’est pas obligatoire pour faire de la vente de jouets en bois, mais on a un avantage sur les autres, c’est qu’on connaît le travail du bois, on sait comment ça fonctionne, on saura dire si si tel objet ou tel autre est de bonne qualité.

K : Et la partie fabrication ?
On fabrique un petit peu, ouais, essentiellement les objets découpés style puzzle, petite ornementation murale, porte-manteaux, euh… certains mobiles aussi.

K : Où puisez-vous vos idées de jouets ?
C’est vraiment l’inspiration, euh… c’est un peu au hasard, quoi, et on se sert aussi de quelques illustrations qu’on peut trouver sur des bouquins où y’a aussi des gens qui sont spécialisés dans l’illustration, qui font vraiment les dessins et nous, on les reproduit après en objets, quoi.

K : Quels outils utilisez-vous pour la fabrication ?
L’outillage, on a une petite scie à chantourner pour découper les formes, on a une machine à combiner, c’est-à-dire qui fait scie circulaire, raboteuse.

K : Vous travaillez en équipe ?
Non, on fait chacun notre… Je fais plus souvent le débit, c’est-à-dire tout ce qui est gros œuvre, donc débiter les planches et elle fait vraiment ce qui est finition, découpe des petits objets et peinture.

K : L’outillage et les matériaux ont évolué ?
L’outillage je sais pas parce qu’on a toujours travaillé avec ça, donc… Au niveau de l’évolution de l’outillage, je pense que depuis le début du vingtième siècle ça a pas énormément changé pour ce genre de travaux, quoi.

K : Vendez-vous des objets fabriqués dans d’autres matières ?
Oui, oui ça on le fait mais, on essaie de rester dans les matériaux naturels quand même. Les objets qu’on vend en d’autres matières c’est du tissu, un petit peu de peluche. Non, parce que pour s’adresser aux enfants du premier âge, en dessous de six mois c’est pas évident de trouver des jouets en bois . Et c’est le plus souvent des doudous, des machins comme ça.

K : À quelle période avez-vous le plus d’activité ?
Ben, la plus grosse période c’est les fêtes de Noël, hein. Y’a pas de secret, les jouets, hein.

K : Qui sont vos clients ?
La clientèle qu’on a, c’est plus ou moins les parents qui viennent pour les gamins, quoi, et ça va, il faut dire, de zéro à huit ans ; après huit ans y sont plus axés sur, malheureusement, les jeux électroniques ou l’ordinateur, et cætera.

K : Quelles sont les demandes de la clientèle ?
Des demandes particulières, euh… non. En fait, ce qu’y cherchent le plus souvent c’est des jeux un peu ludiques, tout ce qu’on a pour l’apprentissage de la lecture, les jeux pour apprendre à compter, des jeux sur la motricité, tout ce qui est empilable, jeux de construction pour les enfants entre deux et trois ans, quoi. Les plus demandés, maintenant on a commencé à travailler avec un fournisseur allemand et c’est vrai qu’y font plein de jeux qui sont très très innovants. Y vont chercher vraiment des… C’est pas évident à dire, le jeu qu’y font est assez particulier, quoi. C’est beaucoup de jeux de mémoire, de jeux de réflexion et pas mal de jeux en collaboration, en fait. Par exemple un jeu qui s’appelle… oui, voilà, "Le Petit Verger", qui est un jeu de ce fournisseur, là, où en fait on joue tous contre le corbeau, il faut éviter que le corbeau mange toutes les cerises qu’y a dans l’arbre. Voilà, c’est ce genre de jeux… Pas mal de jeux en coopération plutôt que de jouer l’un contre l’autre, de se disputer et cætera. C’est plus axé sur la solidarité, sur le… Déjà, des enfants qui vont essayer de jouer ensemble contre un personnage imaginaire.

K : Y a-t-il un jouet particulièrement réclamé ?
Hem… un jouet qui est vraiment très vendu ? Pour moi, c’est toujours le jouet à tirer Vilac qui… C’est les petits jouets à partir de six mois, en fait, quand l’enfant commence à marcher à quatre pattes, à se déplacer un peu, voilà, c’est ce genre de petit jouet où il le tire derrière lui. Ça marche tout le temps, ça ; si y faisaient plus qu’un jouet, ce serait ce type de jouet.

K : Vous en tenez compte dans vos choix de jouets ?
Ah oui ! Oui, c’est important, ça, c’est une chose qu’on arrêtera pas de faire, quoi, dont on s’occupera tout le temps. Hem… c’est vrai que depuis un certain temps, on travaille de plus en plus souvent avec les ludothèques. En fait, ils nous demandent des petites choses spéciales, certains petits jeux d’empilement en bois. Bon, c’est eux qui voyent comment marchent les enfants, c’est eux qui testent un peu les produits, donc c’est vrai que c’est un atout. C’est un énorme atout pour nous, quoi, on sait quels jouets vont marcher, qu’est-ce qu’y faut qu’on mette de côté.

K : Jouez-vous un rôle de conseil auprès de votre clientèle ?
Oui, oui quand même, oui.

K : Avez-vous des clients fidèles qui vous recommandent auprès d’autres personnes ?
Oui, oui, ça commence à venir de plus en plus, oui. C’est vrai qu’au départ, les deux premières années on était vraiment ciblés que sur une clientèle de quartier. En fait, y’avait vraiment que les gens du coin qui passaient et bon, maintenant y commencent à parler à droite à gauche et puis on étend un petit peu notre clientèle.

K : Comment communiquez-vous votre activité ?
En dehors des clients, là, on a simplement commencé à faire un site internet. Voilà, et c’est la seule grosse pub qu’on fait pour l’instant.

K : Qu’aimez-vous particulièrement dans votre métier ?
Ben c’est le contact un peu plus chaleureux qu’on a avec les personnes, quand même, parce que les gens qui achètent des jouets en bois sont plus des gens passionnés qui vont pas forcément regarder à la dépense, qui vont vraiment avoir l’amour de l’objet en bois, qui vont vraiment le regarder sous toutes les coutures, en discuter avec les personnes, et cætera, sans…Y vont vraiment prendre le temps de choisir le cadeau qu’y vont faire pour un gamin, même si c’est pas le leur. Quand on vient chercher un jouet en bois, c’est vraiment pour avoir la petite pièce unique.

K : Comment partagez-vous la passion de vos clients ?
Hem… comment on la partage, en fait, ben on essaye de subvenir à leurs besoins. Ils ont certaines idées des jouets qui leurs plaisent dans le magasin mais y’a toujours la petite chose qui leur plaît pas, qui leur convient pas. Donc nous, on propose toujours de fabriquer à ce niveau-là, quoi. C’est un peu suivant leurs spécifications.

K : Quel est l’aspect le moins agréable de votre activité ?
… Le moins agréable, euh… franchement (rires), je vois pas de… je vois pas de choses vraiment désagréables.

K : Un aspect plus contraignant, disons ?
… Ben, c’est les périodes creuses ; c’est vrai que étant axés sur le jouet en bois, y’a franchement des périodes où l’on marche et des périodes où c’est vraiment très creux, où on s’ennuie un petit peu. Après, euh… non, je vois pas d’autres problèmes. Bon, le problème est que c’est difficile d’avoir un magasin comme ça, y’a certaines contraintes. C’est vrai qu’on aimerait bien avoir des places de parking un peu plus conséquentes devant, que les gens puissent… C’est vrai que aussi, bè on peut pas empêcher certaines personnes de rentrer non plus. Bon, y’a des gens qui sont un petit peu… enfin, qui s’imaginent qu’on vend aussi des jouets en plastique, y voient des jouets, y rentrent et pis y nous demandent des choses qu’on a pas. C’est un petit peu le côté embêtant du métier mais bon, c’est pas gênant.

K : Comment les jouets ont-ils évolué ?
Ben en fait, suivant les endroits où l’on va c’est … c’est pas si évident que ça, en fait. Si vous achetez des des jouets français, tout ce qui vient du Jura et cætera, c’est pas des jouets qui ont énormément évolué, en fait : y sont restés très traditionnels dans la forme du jouet en bois, dans ses utilisations. C’est toujours des empilables, des jouets à tirer, des machins qu’on fait depuis le début du siècle, depuis qu’ils ont créé leur entreprise, quoi. C’est toujours des chevaux à bascule, des…Tandis que si vous allez en Allemagne, là y cherchent plus à faire évoluer leurs jouets, à vraiment créer des choses nouvelles, avoir des idées changeantes.

K : Vous adaptez-vous à cette évolution ?
Oui oui oui, tout à fait, ouais. Bon, c’est vrai qu’après tout, ce qu’y font c’est des modèles déposés, donc on peut malheureusement pas… De manière personnelle non, c’est vrai que nous, ben on est dans la mouvance française. On reste dans le traditionnel.

K : Êtes-vous en relation avec d’autres marchands de jouets, d’autres fabricants ?
Oui, oui, on a quelques relations avec des fabricants dans le Jura.

K : Le marchand de jouets, quel rôle joue-t-il ?
Ah, je pense que le marchand de jouets, c’est… c’est quelqu’un qui est resté d’un certain côté assez enfant, quoi, ça c’est un peu vrai… qui en fait arrive encore à s’émerveiller des petits trucs faits pour les gamins… qui a gardé ce côté enfant, quoi, ça c’est clair.

Propos recueillis par Pierre Defleur le 12/07/07 ; rédaction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.

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